山水,是我看到最初的風景。
我生長在徽州,家鄉績溪是墨的發源地,因而在初習繪畫的時候,就自然地使用筆墨。接觸最早的藝術作品,便是寥寥幾幅文人筆下的山水畫。我常常凝視著這些畫,想像自己就是畫中的策杖逰山人,或是斜風細雨中的漁翁,這種與世無爭的隱逸生活讓我癡迷。
但卻是一座山真正滋養了我的靈魂,它就是清涼峰。
我的村莊就在清涼峰的山脈里,在山裏無事可做,我就沿著小河溯源而上,去尋找山與地交接處隱秘的深潭。或者長時間地看石頭,看水流,看葉子,看雨,看霧,看星空。每年冬夏的假期,我都會走一二十里山路到清涼峰去住一些時日。走山路,是我與自然最為親密的對話。有時在爬上峰頂的路途中,遠看見一朵雲與這座山相遇,等步入雲裡,那里卻是一個風拍雨打或是雲霧繚繞的世界。在密林里,在山重山中,一切都讓我感到生命齊于萬物,我的腳成了樹根,我的手便是草葉。一個比人類的小小世界遠為宏大的秩序存在在我生命的周圍。
徽州有民謠曰:前世不修,生在徽州,十三四歲,往外一丟……我也在那個年紀離開了清涼峰腳下的村莊。在紛亂的社會里,隱逸的想法愈加強烈,但事實上我離開家越來越遠,甚至離開了中國。於是這種隱逸的願望就變成了濃郁的鄉愁。
這些照片是在大學期間每次回到清涼峰拍下的。隨手按下的快門都是心中早已有之的印記。在來到法國后,照片里的人對山與水的凝視,就成了我對故國的回望,也成了對自我靈魂的追問。
現代人的孤獨感恰是用人造材料構建起來的,文明的發展,總是伴隨著對大地的疏離。如果不能與自然相視相語,孤獨就永無止境。山總是在那,村莊卻空了,我們還有可能回去嗎?
這組照片也向高行健和他的《靈山》致敬。
.....................................................
Sur Montagne de l'âme
Hu Jiaxing
Shanshui (montagne et eau), c'est le premier paysage que j'ai vu.
Je suis né à Jixi dans la région de Hui, pays d'origine de l'encre de Chine, donc au début de mes études de la peinture, j'ai spontanément utilisé le pinceau et l'encre. Et les premières œuvres d'art que j'ai sillonnées, étaient quelques peintures de Shanshui sous le pinceau des lettrés. Je contemplais souvent ces peintures, en imaginant que j'étais ce qui dans les peintures, voyageait en montagne, pêchait en pluie sur une rivière, cette vie retraitée et sans concurrence avec le monde me tient au cœur, pour toujours.
Mais c'est juste une montagne qui a nourri mon âme, c'est la Montagne fraîche.
Mon village natal se cache au pied de la Montagne fraîche. Je recherche au long de la rivière vers sa ressource, pour trouver l'étang mystérieux à la touche de la montagne et la terre. Ou, sans rien faire, je passe longtemps à regarder les pierres, les courants d'eau, les feuilles d'arbres, la pluie, le brouillard, et la nuit étoilée. Chaque été et chaque hiver, je marche à pied une dizaines de kilomètres pour habiter quelques temps en Montagne fraîche. Pied sur la montagne, est pour moi le dialogue le plus intime avec la nature. Souvent, au chemin ver au sommet, de loin vois la rencontre d'un nuage avec la montagne, peu temps après, arrive dans le nuage, là c'est en fait un monde touché par brouillard ou frappé par pluie. En forêt, parmi les montagnes, cet univers me ressens que tous les êtres sont sans différences, mes pieds sont les racines, mes mains les feuilles. Un ordre immense existe autour de ma vie, de ce tout petit monde humain.
Comme les troubadours de Hui ont chanté : à l’âge de treize ans, jeté au monde... J'ai aussi quitté le village en Montagne fraîche à cet âge. Dans la société chaotique, l'idée de retraiter est encore plus forte. Mais au fait j'ai été de plus en plus loin de ma montagne, même que j'ai quitté la Chine. Cette volonté de retraiter se transforme en une nostalgie profonde.
Ces photos ont été prises lors de chaque retour en Montagne fraîche quand je faisais l'université. L'appareil a vu tous les empruntes de mon cœur. Après arrivé en France, le regard des hommes devant la montagne et l'eau est devenu ma contemplation lointaine de mon pays antérieur, aussi la confidence avec mon for intérieur.
La solitude de l'homme moderne se construit avec les matériaux artificiels, la civilisation se déroule en éloignant la terre. Loin de la terre, solitude sans fin. Montagnes toujours là, villages déjà vides, pourrions-nous retrouver cette vie ?
Cette série de photos rendent hommage à Gao Xingjian et son Montagne de l'âme.
